Le salin et les sauniers, tradition et savoir-faire
La vocation salinière d’Aigues-Mortes remonte à l’Antiquité (IV av J-C). Peccius, ingénieur romain, a été chargé, au début de l’ère chrétienne, d’y organiser la production de sel. A la fin du 12ème siècle, dix-sept petits salins étaient exploités dans l’enclos de Peccais. Ils appartenaient à divers propriétaires qui, après les graves inondations de 1842, s’associèrent à un négociant montpelliérain pour fonder, en 1856, le Salin d’Aigues-Mortes tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Le Salin s’étend sur une longueur de 18 kilomètres du Nord au Sud et sur une largeur de 13 kilomètres d’Est en Ouest. Plus de 340 kilomètres de routes et de chemins sillonnent dans tous les sens des milliers d’hectares, soit une superficie environnant celle de la ville de Paris.

Le nom d’Aigues-Mortes provient des marais et des étangs qui s’étendaient autour du village : Aquae Mortuae (1248 en latin, Aigas Mòrtas en occitan), qui signifie eaux mortes, c’est-à-dire stagnantes.



Cultivé depuis l’Antiquité en Camargue, le sel est issu d’un savoir-faire spécifique, transmis de génération en génération. Véritables gardiens du Salin d’Aigues-Mortes et agriculteurs passionnés, ils accompagnent le travail de la nature dans le mouvement des eaux et des vents. Ils s’adaptent également au climat – orage ou canicule – tout en vérifiant quotidiennement la salinité de leurs tables salantes. Ce travail minutieux, mené tout au long de l’année, donne naissance aux cristaux de sel qui se forment avec la hausse des températures durant la période estivale.
Le sel de Camargue est ainsi gorgé de la minéralité et du soleil propres à la région. De plus, les sauniers sont garants de la préservation de la richesse naturelle du salin.
En effet, grâce à leur travail quotidien, ces “agriculteurs du littoral” contribuent aux opérations menées sur le salin : baguage des oiseaux, création d’îlots pour favoriser la nidification...